La combinaison de plongée du cafard
par Ada-Rose Germain
Ada-Rose Germain, bioinformatique et biologie computationnelle
Cyborgs amphibies
Un cafard équipé d’un petit boîtier électronique sur le dos n’est déjà plus une nouveauté dans mon domaine — on en pilote depuis des années, pour l’inspection de canalisations ou la recherche en décombres. Ce qui l’était, jusqu’à récemment, c’est le même cafard capable de continuer sa mission sous l’eau.
Une équipe a conçu une combinaison de plongée imprimée en trois dimensions, de la taille d’un ongle, qui isole l’insecte de l’eau tout en générant son propre air respirable : une éponge imprégnée d’un catalyseur transforme du peroxyde d’hydrogène injecté en oxygène, acheminé par quatre tubes en silicone directement aux orifices respiratoires de l’animal. Le cafard reste vivant, mobile, et raisonnablement inconscient du changement de milieu pendant plusieurs heures.
Ce que ça déplace, très précisément
La vitesse de déplacement sous l’eau reste proche de celle mesurée à terre — de quoi rendre l’engin plus rapide que la plupart des robots amphibies existants, qui doivent transporter leur propre système de propulsion. Le cafard, lui, transporte le sien depuis toujours. On lui a seulement retiré le problème de la noyade.
L’application visée est concrète : inspection de tuyauteries inondées, recherche en zone sinistrée après une crue. Rien d’exotique dans l’intention. Ce qui l’est un peu moins, c’est la solution retenue — pas un sous-marin miniature, une éponge chimique de la taille d’un grain de riz.
Ce que je note
Je consigne ceci dans mon registre comme un cas rare où l’ingénierie a choisi de résoudre un problème de milieu plutôt qu’un problème de conception. On n’a pas réinventé le cafard. On a changé ce qu’il respire.
Ada-Rose Germain, bioinformatique et biologie computationnelle