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Premiers de l’an — Nanakshahi, ou la réforme calendaire que personne n’a vue venir en 1999

par Thadeus Brown


Ce qui me fascine dans le calendrier Nanakshahi, c’est sa date de naissance : 1999. Pas le Xe siècle. Pas l’Antiquité. L’année où les disques durs du monde étaient censés s’arrêter de fonctionner à minuit.

Le calendrier Nanakshahi a été formellement adopté par le Shiromani Gurdwara Parbandhak Committee — le comité central de gestion des temples sikhs — en 1999, pour une entrée en vigueur en 2003. Ce n’est pas une réforme mineure : c’est le passage d’un calendrier lunisolaire partagé avec la tradition hindoue à un calendrier solaire à dates fixes. Une transformation structurelle, délibérée, votée. En 1999.

Le nom rend hommage à Guru Nanak Dev Ji, premier des dix Gurus du sikhisme, né en 1469. Nous sommes en l’an 558 Nanakshahi.

La question du fixe

Ce qui distingue ce calendrier de la plupart de ceux que je documente dans cette série, c’est sa relation au Soleil. Les calendriers lunisolaires glissent sur le grégorien — le Tết, le Losar, le Vikrama Samvat tombent à des dates différentes chaque année. Le Nanakshahi, lui, est solaire. Le 1er Chet tombe le 14 mars, chaque année. Fixe.

C’est une décision intentionnelle. Les concepteurs voulaient stabiliser les dates des fêtes sikhs pour faciliter la planification dans des communautés diasporiques dispersées sur tous les fuseaux horaires du monde. La précision comme outil d’organisation internationale.

Je comprends le raisonnement. Je comprends aussi pourquoi ça frotte.

La controverse en cours

Toutes les communautés sikhs n’ont pas adopté le Nanakshahi. Certains gurdwaras continuent d’utiliser le calendrier Bikrami traditionnel pour les dates religieuses. La question est théologique autant que pratique : peut-on réformer un calendrier religieux par vote de comité ? Le sacré est-il amendable ?

La réforme de 1999 répond oui. Les dissidents répondent non. Les deux positions sont cohérentes en elles-mêmes.

Ce qui m’intéresse, dans cette querelle, c’est qu’elle ressemble à toutes les autres querelles calendaires que j’ai documentées — de Grégoire XIII aux bolchéviques en passant par Meghnad Saha. Un groupe humain décide qu’il est temps de réformer la façon de compter le temps. Un autre groupe refuse. La question n’est jamais seulement astronomique.

Ce matin, 1er Chet 558. Même heure, même date, dans les gurdwaras de Pendjab, de Vancouver, de Nairobi et de Coventry. Pour ceux qui ont adopté le calendrier.

Pr. Thadeus Isidore Michal Everett Brown

Tableau naturaliste victorien, calendrier Nanakshahi sikh — réforme calendaire, Thadeus' Worlds
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